Donc... Substack...

Et c'est parti pour un nouveau support d'écriture en ligne...

Nous avons tous des compulsions et des addictions.

Je suppose que la mienne est plus saine que pas mal d’autres. Mon addiction c’est écrire, surtout des blogs.

J'ai commencé à écrire assez tard dans ma vie. En fait, ce n'est pas vrai, j'ai toujours plus ou moins écrit, mais sans jamais trop y penser. D’ailleurs, enfant et adolescent, je ne pensais pas que l'écriture était vraiment pour moi. Pourtant, j'aimais beaucoup lire, et les deux vont de pair, non ? Oui, mais les sciences étaient plus mon truc, et même à cet âge-là, je ressentais plus ou moins consciemment que l’écriture c’était quelque chose qui appartenait à une classe sociale qui n’était pas la mienne.

Un tournant pour moi a été un devoir de français en seconde.

Nous avions un devoir d'écriture, et pour la première fois de ma vie, ce qu’il nous était demandé d’écrire, c’était de la fiction !

À l'époque, je n'étais pas vraiment bon en français. Je n'aimais pas cette classe, ni la littérature que l’on étudiait (ce qui est intéressant quand on sait que j'ai commencé un doctorat en littérature française à un moment donné de ma vie - je ne l'ai pas terminé, mais c'est une histoire pour un autre jour).
De plus, je ne m'entendais pas du tout avec ma prof de français. Je n’ai jamais trop su pourquoi. De toute ma scolarité, je n’ai jamais eu de problèmes de discipline. Sauf dans une seule et unique classe : celle-là.

Je crois que cela venait du fait que je redoublais ma seconde (par choix, encore une histoire pour une autre fois ?) et que mon professeur de français de l’année précédente était le meilleur professeur de français de ma vie, le seul qui jusqu’alors avait réussi à me faire m’intéresser à cette classe. Une des classes les plus importantes de ma vie en fait. On y avait, entre autres, lu Le Meilleur des Mondes pour vous donner une idée. Il fut l’un des professeurs dont je peux dire que la classe a eu un impact durable sur moi et a contribué à faire de moi celui que je suis aujourd’hui.

Je suis triste de ne pas me souvenir du nom de ce professeur. Il n’était resté qu’un an dans mon lycée pour une raison que j’ignore. Il se disait qu’il était habituellement prof de collège, et qu’il s’était essayé au lycée mais que cela ne lui avait pas plus. Aujourd’hui et avec le recul, je trouve cela bizarre. Les profs de l’Éducation Nationale peuvent-ils choisir et faire des allers-retours entre différents établissement de la sorte ? J’en doute.

Quoiqu’il en soit, il fut le seul prof de français de toute ma scolarité au collège et au lycée qui semblait vraiment vouloir transmettre son amour et son enthousiasme pour son sujet, ou du moins qui savait le faire.

L’année suivante, je redoublais donc, et la nouvelle prof de français était… nouvelle. Toute fraîche sortie de l’IUFM (C’était bien ça les IUFM ? J’ai oublié), et ça ne s’est juste pas bien passé entre nous. Je pense qu’inconsciemment, je lui en voulais de ne pas être un bon prof comme celui de l’année précédente, et je voulais le lui faire payer. C’est la seule explication que j’ai trouvé - des années plus tard - face à mon comportement inhabituel dans cette classe. À l’époque, je ne pouvais savoir qu’on n’est jamais un bon prof lors de sa première année d’enseignement. J’ai été dur avec elle. Je le regrette. J’espère qu’elle a eu une bonne carrière (a priori, elle n’est pas encore à la retraite).

Malgré notre rapport tendu et la qualité perfectible de sa classe, pour la première fois, j'ai adoré faire ce devoir. À l'époque, j'étais obsédé par Tolkien et je pratiquais beaucoup les jeux de rôle sur table. Le sujet du devoir a immédiatement éveillé mon imagination. Il s'agissait d'écrire un texte en utilisant le plus de métaphores possibles. J'ai écrit cet essai/cette histoire avec tout mon cœur, comme je ne l'avais jamais fait auparavant. Elle ne faisait probablement pas plus d'un paragraphe ou deux, et certainement moins d'une page. Je me souviens que je décrivais essentiellement un champ de bataille. La bataille venait de s’achever. Elle avait été sanglante et destructrice. Un univers qui pourrait être la Terre du Milieu - mais peut-être aussi l’Europe médiévale. C'était plein de sang, de cadavres, de boue, d'oiseaux charognards et de destruction. Vous savez, les choses à propos desquelles les adolescents geeks aiment écrire.

Je ne me souviens pas de ma note, ni même si c’était noté. Cependant, 32 ans plus tard, je me souviens encore de ce que la prof avait écrit sur ma page :

Bon travail ! Cependant, êtes-vous certain de l’avoir écrit vous même et qu’il s’agisse d’un travail totalement original ?

Je me souviens avoir été très blessé et d’avoir été assez en colère contre elle. Je le lui ai dit. Cela n'a pas arrangé notre relation. Mais, je pense que ma réaction lui a fait comprendre qu’elle me soupçonnait à tort. Pourtant, elle ne s’est jamais excusée. Encore une fois, j’espère qu’il s’agit d’une erreur de jeunesse.

Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris le côté positif du fait qu’elle pensait que j'avais plagié le devoir.

Elle l’avait trouvé bon !

Ma prof de français, qui ne m'aimait pas et avait qui j’avais bien des problèmes, pensait vraiment que je pouvais écrire ! Et que je pouvais bien le faire.

Ce n'est que des années plus tard que j'ai commencé à écrire davantage. Des cahiers, de la fiction, ce qui me passait par la tête. Depuis 25 ans environ, je n'ai cessé d'écrire.

Il y a eu un autre tournant.

L'internet est entré dans ma vie en 1997. Il a changé ma vie de bien des façons. Certes, il a changé toutes nos vies de bien des façons, mais l'une des façons dont il a changé la mienne est que, grâce à l'internet, non seulement je pouvais écrire, mais je pouvais aussi être lu !

Avant Internet, seule une poignée d'amis avaient lu mes écrits. Et vraiment, seule une petite partie de ce que j'écrivais a été vu par quelqu'un d'autre que moi.

Avec Internet, le monde entier pouvait me lire ! Du moins, en théorie.

J'ai commencé par passer beaucoup de temps sur les forums, où j'ai rencontré des gens dont certains sont parmi mes meilleurs amis encore aujourd’hui.
J'ai aussi appris très tôt le côté obscur du web : les trolls, les discussions sans fin qui dégénèrent et autres problèmes du genre. Et si je sais maintenant les gérer (règle d’or du web : ne pas répondre aux trolls, les ignorer !), ça n’a pas toujours été le cas.

J'ai aussi créé ma propre homepage, comme on disait. Et j'ai commencé à y écrire. Et les gens ont commencé à lire ce que j'écrivais. Je suis sûr qu'au moins trois ou quatre personnes l'ont fait.

Un jour, j'ai entendu un nouveau terme “blog.” Je n’étais pas très impressionné. C’est ce que je faisais déjà tout seul sur mon site en fait. Oui, j'ai commencé à blogguer avant même que le terme "blog" n'existe. On pourrait presque dire que j’ai commencé à le faire avant même de connaître le web. Parmi les choses que j’écrivais à l’université, il y avait ces cahiers. Des sortes de journaux intimes, sauf que justement, ils n’étaient pas intimes. Je les gardais toujours avec moi, et mes amis adoraient les lire régulièrement, voire même y contribuer eux-mêmes. Vraiment, ces cahiers étaient des espèces de blogs et de forums avant l’heure.

J’aimerais vraiment pouvoir remettre la main dessus un jour. Je crois que j’en avais prêté la plupart à une amie et elle les avait toujours en sa possession quand nous nous sommes perdus de vue. Il doit peut-être en rester un ou deux chez mes parents au fond d’une boîte ? Espérons-le.

J'ai quand même fini par créer un vrai blog (sur Blogspot), puis un autre et encore un autre. Tout d'abord, j'ai pensé qu'il était plus judicieux de ne pas mélanger les langues. Il fallait donc que j’ai un blog en français et un autre en anglais (je vivais aux États Unis à cette époque et l’anglais était devenu ma langue d’expression à égalité avec le français). Puis, de retour en France, j'ai commencé à m'intéresser au Japon (c'est la faute de ma femme : elle est japonaise), j'ai donc créé un blog sur le Japon, puis un deuxième (encore l’histoire des deux langues).

Peu de temps avant de déménager au Japon, j'ai rencontré un groupe de blogueurs “sérieux” et cette rencontre m'a conduit à quitter Blogspot et à créer mes propres sites et blogs sur Wordpress, ce qui m'a donné l'impression d'atteindre un niveau “pro” à l'époque. Toutefois, sans l'argent qui va avec le statut de “pro”.

Je ne me souviens plus du nombre de blogs et de sites que j'ai créés au cours des onze dernières années. Plus de dix. Certains étaient de mauvaises idées rapidement abandonnées, d'autres ont duré quelques années avant d'être mis en sommeil pour diverses raisons (la principale étant souvent le manque de temps), ou bien d’évoluer et de muter en autre chose. D'autres encore sont toujours actifs depuis toutes ces années.

Alors oui, mon addiction c’est le blogging.

Lorsque j'ai entendu parler de Substack pour la première fois, je n'en ai pas fait grand cas. Ça ne semblait pas très différent de Blogspot et autres plateformes similaires. Cependant, plus j'en entendais parler, plus j'étais intrigué. Jusqu'à il y a quelques jours, lorsque j'ai finalement décidé de me lancer et de créer un compte et une newsletter (en fait, deux, il y en a aussi une en anglais, bien entendu)

Pourquoi ai-je fait ça ?

Je vous l'ai dit, c'est mon addiction, je suis un blogueur compulsif !

En fait, ce qui a vraiment retenu mon attention avec Substack, c'est le fonctionnement des abonnements. Et le format newsletter aussi. Bien sûr, il y a aussi une possibilité de monétisation qui n’est pas inintéressante, mais ne nous voilons pas la face, mon lectorat n'est pas assez important pour que ce soit envisageable. Bon, si vous y tenez, il y a d’autres moyens de me donner de l'argent, je ne dirai jamais non à une telle chose.

Mais quel est l'intérêt de lancer une newsletter sur Substack alors que j'ai déjà tant de blogs ?

Ben justement. Le mot-clé ici est “newsletter”. C'est quelque chose qui manque à mon activité de blogueur : un moyen de rester en contact avec les lecteurs, de leur parler de diverses choses, de mises à jour, de réflexions qui ne sont pas exactement du blogging en soi. Bien sûr, il y a les médias sociaux et j'y suis assez actif, mais tout le monde ne les utilise pas et ces derniers ont aussi beaucoup d'inconvénients (en premier lieu les fameux “algorithmes” qui faussent tout).

Une newsletter ? Qui arrive directement dans votre boîte aux lettres mais que vous pouvez aussi lire sur le web si vous le souhaitez ? C'est une idée géniale !

Et donc, nous y voilà...

En gros, je vais utiliser cet espace pour communiquer avec vous sur ce qu’il se passe sur mes blogs (ou ce qu’il ne s’y passe pas), ainsi que toute autre chose qui me passe par la tête et qui pourrait vous intéresser. Des choses que j'ai parfois envie de partager et qui n'ont pas vraiment leur place sur un blog pour une raison ou une autre.

De plus, comme j'ai beaucoup de blogs et que j'en crée toujours de nouveaux et en ferme d'anciens, les gens ont parfois du mal à suivre tout ce que je fais, ils en ratent certains, ils ne savent même pas que d'autres existent.

Grâce à cette lettre d'information, je serai en mesure de vous informer de toutes les choses que j'ai publiées dans un laps de temps donné (j'ai envie d'oser le mot "hebdomadaire" mais je ne fais aucune promesse) afin que vous puissiez les consulter. Surtout que je conçois totalement que vous ne soyez pas abonnés à tous mes blogs et vous puissiez parfois rater du contenu qui aurait pu vous intéresser. Par exemple, il m’arrive aussi de parler de Japon (mais pas de ma région) sur mes autres blogs.

Sans parler de, non pas un, mais deux blogs généralistes, que j'écris actuellement. Ces derniers sont réputés pour leur difficulté à trouver un public. Tous les sujets ne sont pas forcément intéressants pour tout le monde.

Eh bien, pour toutes ces raisons, cette newsletter est pour vous. Pour que vous sachiez ce que j'ai écrit dernièrement et que vous puissiez décider si vous souhaitez le lire ou non.

Qu'en pensez-vous ?

Et si on commençait dès maintenant ?

Alors, oui, j'ai actuellement cinq blogs actifs, dont quatre ont du contenu en français.

Le premier est

Ogijima.fr

Si vous lisez cette première newsletter, il est très probable que vous connaissiez déjà. C’est le blog/site où je parle de ma région d’adoption au Japon : la préfecture de Kagawa et la Mer Intérieure de Seto, ses îles, son art, etc. C’est aussi mon seul blog francophone avec un lectorat conséquent, ainsi que mon plus ancien blog qui n’a subi aucun changement majeur depuis 11 ans environ.

Dernièrement, j’y ai donné la liste des artistes qui auront des nouvelles oeuvres d’art à la Triennale de Setouchi 2022, le festival d’art contemporain qui se déroule dans les îles locales. Probablement le festival d’art contemporain le plus important du Japon, voire d’Asie et qui commence même à avoir une certaine notoriété en Occident.

Je vous montre aussi quelques photos du Parc Ritsurin lors de ma dernière visite de celui-ci en octobre dernier. Si vous ne le connaissez pas, il s’agit tout simplement de l’un des plus beaux jardins publics du Japon, et on le trouve à Takamatsu, ma ville d’adoption.

liminal web

Tiens, c’est marrant, c’est presque le même nom que cette newsletter. Il s’agit de mon blog le plus récent, il a à peine quelques mois, mais c’est aussi quelque part le plus ancien. Il est le descendant presque direct de ma toute première homepage, voire de ces cahiers “journaux pas intimes” de mes jeunes années. On y trouve des choses plus ou moins personnelles, des textes, des photos, des dessins que je souhaite partager mais qui n’ont pas forcément leur place ailleurs.

Dernièrement, j’y ai posté mes quelques dessins faits pour Inktober 2021. Il y en a peu, je n’avais pas trop le temps, et cette année, je ne sais pas, je ne le sentais pas. Je vais plutôt essayer de me remettre à Inktober 52 d’ici peu. Je ne sais pas vous, mais quand on est dans ma situation - que l’on aime dessiner, mais que ce n’est pas exactement un domaine où l’on excelle - je trouve plus pertinent d’essayer de faire un dessin par semaine (et de prendre le temps de s’améliorer entre autres choses) que 31 dessins en 31 jours.

Swamp Media

Encore un site assez récent, mais qui est en fait la nouvelle incarnation d’autres sites et blogs ayant existé avant lui. Il s’agit d’un autre blog assez généraliste. Pourquoi deux sites vaguement similaires dans leur contenu ? Celui-ci essaie d’être plus ou moins une sorte de magazine. Les sujets y sont un peu plus développés. Il y est question de voyages, culture, et choses moins personnelles.

Mais surtout, l’autre différence, c’est que Swamp.Media a aussi plusieurs auteurs. Du moins sa partie anglophone. Pour l’instant, je suis le seul rédacteur francophone, mais si nous nous connaissons personnellement et que vous êtes intéressé(e), n’hésitez pas à me faire signe.

Les trois derniers articles en français et en date sont les suivants:

  • Kyoto sans touristes: le récit de mon récent voyage à Kyoto et la chance de (re)découvrir cette ville sans hordes de touristes.

  • Star Wars Visions: mes impressions à propos de ce projet assez intéressant et original réalisé dernièrement par Lucasfilm.

  • Le pain aux olives: un truc un peu expérimental. Une tentative de webcomic, mais en Lego. Et une tranche de vie aussi. Dites-moi ce que vous pensez de ceci. Je dois encore m’améliorer, mais c’est une chose que j’ai envie de faire régulièrement.

Finalement mon dernier site actif en ce moment est lui aussi un projet un peu expérimental.

MetaStructure.Zone

Il s’agit d’un site de fictions. Un projet dont la genèse date d’il y a 15 ans environ, mais qui ne voit le jour que maintenant. Pour l’instant, je suis plus ou moins seul aux commandes, mais il s’agit vraiment d’un projet pensé à deux avec un ami très cher, et il me rejoindra dès qu’il le pourra.

La dernière publication en date est la fin du deuxième chapitre du premier récit, donc ce ne serait pas une très bonne idée de commencer par là. Voici donc le lien vers le début de La Fin (c’est le nom de ce premier récit). N’hésitez pas à fouiller dans le site pour y trouver d’autres goodies. Le troisième chapitre arrivera tôt ou tard. Si les deux premiers chapitres étaient essentiellement composés de vieux textes que j’ai mis à jour, ce troisième chapitre demande une réécriture presque totale. De plus, il n’est pas impossible qu’autre chose arrive avant.

Voila. C’est tout pour aujourd’hui. Si vous avez lu jusqu’ici et que vous n’êtes pas encore abonné(e) puis vous suggérer de le faire maintenant. N’hésitez pas non plus à partager avec vos amis et contacts.

Merci d’avance et à très bientôt.

Les boutons sont en anglais (Substack n’a pas encore été traduit en français), mais je pense que vous les comprenez, n’est-ce pas ?

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